Je t’écris depuis Osaka, où nous vivons depuis quelques semaines. C’est notre quatrième séjour au Japon depuis 2019 et, comme à chaque fois, nous restons trois mois. Oui, trois mois. Le maximum autorisé sans visa. Autant dire que les formalités pour voyager au japon, je les connais sur le bout des doigts.
Sauf que 2026, c’est une autre histoire. Depuis notre premier voyage, le Japon a bien changé : nouvelles taxes, fin du tax-free, portail Visit Japan Web et un futur système d’autorisation électronique qui se profile à l’horizon. Si tu planifies ton voyage, que ce soit pour dix jours ou trois mois comme moi, voici tout ce que tu dois savoir avant de boucler ta valise.
Sommaire
Visa et passeport : la bonne nouvelle, rien n’a changé
Commençons par le plus simple. Si tu es Français, Belge, Suisse, Luxembourgeois ou Canadien, tu n’as pas besoin de visa pour un séjour touristique de moins de 90 jours. Un passeport valide pour toute la durée de ton séjour suffit. C’est la règle depuis des années et elle est toujours en vigueur en 2026.
En tout, ce sont les ressortissants de 68 pays qui bénéficient de cette exemption, avec une durée maximale de 90 jours pour la grande majorité d’entre eux.
Deux petits points pratiques à ne pas négliger :
- Un billet de sortie du territoire peut t’être demandé à l’arrivée. Ce n’est pas systématique, mais ça arrive. Avoir un billet retour ou de continuation évite les questions à l’immigration.
- L’exemption de visa ne t’autorise pas à travailler sur le territoire japonais. Si tu es digital nomade comme nous et que tu travailles pour des clients étrangers depuis le Japon, tu es dans une zone grise que beaucoup pratiquent avec discrétion. Le tourisme reste le cadre légal de ton séjour.
💡 Mon conseil de nomade : depuis 2024, le Japon a introduit un visa spécial pour les digital nomads. Il permet de rester jusqu’à six mois avec la possibilité de travailler à distance officiellement. Si tu veux être en règle et rester plus de 90 jours, c’est la voie à explorer. Même si je ne trouve pas ce visa particulièrement intéressant et accessible. Voici le lien vers le site officiel si tu veux en savoir plus : Ambassade du Japon en France
Visit Japan Web : pratique mais pas obligatoire
Depuis décembre 2021, le Japon propose le portail Visit Japan Web, une plateforme en ligne pour pré-enregistrer les informations d’immigration et de douane avant l’arrivée. Pour le moment, il reste entièrement facultatif.
Alors pourquoi l’utiliser ? Parce qu’il permet de passer la douane plus vite, surtout dans les grands aéroports comme Narita ou Kansai, où les files peuvent être longues en haute saison. Tu renseignes tes informations à l’avance, tu génères un QR code et tu le présentes à l’arrivée.
On l’a utilisé pour notre séjour actuel et, franchement, ça fait gagner facilement 20 à 30 minutes au contrôle des passeports.
Comment s’inscrire : rdv sur Visit Japan Web. Crée un compte, puis remplis la fiche d’arrivée, voire la déclaration de douane avant ton vol.

Ce qui va changer en 2026 (et pour les années suivantes)
JESTA : le futur sésame électronique
Tu as peut-être entendu parler du JESTA (Japan Electronic System for Travel Authorization) — l’équivalent japonais de l’ESTA américain ou de l’ETIAS européen. Il s’agit d’un système d’autorisation électronique préalable qui concernera les voyageurs exemptés de visa.
La bonne nouvelle : il n’est pas encore en vigueur. Le Japon prévoit de le mettre en place d’ici 2028. Pour ton voyage en 2026, tu n’as donc rien à faire à ce sujet. Mais il vaut mieux le savoir à l’avance pour ne pas être pris de court lors de tes prochains séjours.
Les nouvelles taxes touristiques : prévoir un budget supplémentaire
C’est là que 2026 marque une vraie rupture. Le Japon est confronté à une explosion du tourisme : environ 42,7 millions de visiteurs en 2025, explosant le précédent record de 2024 (environ 36,8 millions). Il met donc actuellement en place une série de taxes pour financer la gestion des flux et préserver son patrimoine. Voici le tour complet.
La taxe de séjour (par nuit et par ville)
Plusieurs villes et préfectures ont instauré ou revu à la hausse leur taxe d’hébergement :
À Kyoto, depuis le 1er mars 2026, la taxe est progressive selon le prix de la chambre (source) :
- Hébergement à moins de 6 000 ¥/nuit : 200 ¥ par personne
- Milieu de gamme : entre 1 000 et 4 000 ¥ par personne
- Hôtels de luxe : jusqu’à 10 000 ¥ par personne et par nuit , c’est la taxe hôtelière la plus élevée du Japon
En Hokkaidō, depuis avril 2026, une taxe de 100 à 500 ¥ par nuit a été instaurée selon le prix de la chambre.
D’autres destinations comme Nagano, Kumamoto et Miyazaki ont obtenu l’autorisation d’introduire leurs propres taxes à partir de juin 2026.
💡 Mon conseil : ces taxes sont généralement collectées directement par l’hôtel lors du règlement. Pense à les anticiper dans ton budget, surtout pour un long séjour ou si tu vises des hébergements haut de gamme à Kyoto.
La taxe de départ internationale
À chaque fois que tu quittes le Japon en avion ou en bateau, tu paies une taxe de sortie automatiquement incluse dans le prix de ton billet. Elle est amenée à augmenter significativement d’ici juillet 2026. Le gouvernement étudie même une modulation selon la classe de voyage (jusqu’à 5 000 ¥ pour les classes Business et First).
Tu n’as rien à faire : la taxe est prélevée directement à l’achat du billet. Mais si tu achètes ton vol retour maintenant, compare les prix avant et après l’été.
La fin du tax-free en magasin : attention aux achats !
C’est le changement qui fait le plus parler et pour cause. Jusqu’à présent, les touristes étrangers pouvaient acheter en détaxe directement en caisse dans les magasins participants, sans payer la TVA japonaise (actuellement 10 %).
À partir du 1er novembre 2026, ce système disparaît. Le nouveau fonctionnement sera le suivant : tu paies la TVA en magasin, comme tout le monde, puis tu te fais rembourser à l’aéroport au moment de ton départ, sur présentation de tes reçus.
Ce changement est majeur si tu prévois des achats importants (électronique, cosmétiques, vêtements).
💡 Mon conseil : si tu as de gros achats en vue, planifie les avant le 31 octobre 2026 pour profiter de l’ancien système, bien plus pratique.

Les restrictions sur les sites touristiques : respecter les règles locales
Le Japon lutte activement contre le surtourisme qui se combine à des incivilités répétées de la part de certains touristes et quelques sites ont mis en place des restrictions concrètes.
Le mont Fuji : les frais d’entrée pour les visiteurs étrangers ont doublé en 2025 : 4000 ¥ (soit 24-25€). Un quota journalier de 4000 grimpeurs est maintenu pour préserver le site.
Kyoto, quartier de Gion : les rues privées sont interdites aux touristes depuis plusieurs années. Seule la rue principale Hanamikoji-dori reste accessible. Les amendes pour non-respect sont réelles.
Le château de Himeji : depuis le 1er mars 2026, le tarif adulte pour les non-résidents est passé de 1 000 ¥ à 2 500 ¥. L’entrée est en revanche gratuite pour les moins de 18 ans.
Ce n’est pas une punition, c’est devenu une nécessité. Le Japon que j’ai découvert en 2019 et celui d’aujourd’hui sont déjà très différents en termes de fréquentation. Ces mesures, même si elles représentent un coût, permettent de préserver ce qui rend ce pays si exceptionnel.
Récap express : ce que tu dois retenir pour bien préparer ton voyage au Japon
| Formalité | Statut en 2026 |
| Visa (Français, Belges, Suisses…) | ❌ Non requis (jusqu’à 90 jours) |
| Passeport valide | ✅ Obligatoire |
| Visit Japan Web | ✅ Recommandé, non obligatoire |
| JESTA | ⏳ Pas encore en vigueur (prévu 2028) |
| Taxe de séjour | ✅ En vigueur (variable selon ville) |
| Taxe de départ | ✅ Incluse dans le billet |
| Tax-free en magasin | ⚠️ Fin prévue le 1er nov. 2026 |
Tu prépares ton voyage au Japon ? N’hésite pas à me laisser tes questions en commentaire, j’y répondrai avec plaisir.