Quand un cinéaste est bon et passionné, il ne se trouve aucune excuse. S’il veut réaliser le film de sa vie (!), qu’importe le budget, qu’importent les contraintes : il le fait. Il se fiche des bien-pensants, des jaloux, des attentistes : il agit.

Alors, rends-toi compte : quand c’est TA vie qui se joue, comment pourrais-tu accepter d’en être un second rôle, voire un figurant, dans un navet mal réalisé, au scénario que tu détestes ?

Tu veux retrouver le contrôle ? Retrouver ta liberté ? Tes espoirs ? Tes rêves ?

Si c’est le cas, atèle-toi à la tâche : à toi de faire de ce mauvais film un blockbuster !

Tout d’abord, un bon film ne peut pas se faire sans un bon scénario. Un bon scénario, ça s’écrit avant de tourner, pas quand le réalisateur lance le fameux “action !“.

Quel que soit ton âge, ta situation professionnelle, ton éducation, ta culture… tu as une première mission : écrire le scénario de ta vie. Prends une feuille ou un cahier et un stylo, ou encore installe-toi devant ton traitement de texte et écris, noir sur blanc, le scénario que tu veux pour l’avenir de ton personnage principal, c’est-à-dire toi. Tu peux inclure ta famille la plus proche mais ne sois pas dirigiste pour eux : chacun doit décider de son scénario, même s’il est étroitement lié à celui d’autres. Concentre-toi profondément sur toi : faire ton bonheur fera celui des tiens par ricochet.

Tiens compte de ton passé, de ton expérience, pour donner de la consistance à ton histoire. Vois grand pour ton bonheur, mais jamais irréalisable : ce n’est pas un film de science-fiction !

Tu ne sais pas commencer : inscris les grandes lignes de ce que tu rêves de faire, ou même simplement les mots qui représentent ces rêves. Gribouille, dessine s’il le faut : laisse la frénésie de tes désirs guider. Note aussi en marge, tout ce qui compose ta vie aujourd’hui et dont tu ne veux absolument plus dans l’avenir. Puis étoffe. Réfléchis à comment tu peux atteindre ces rêves si tu oublies toutes les limites que tu t’imposes chaque jour, ou que d’autres t’imposent chaque jour. Fiche-toi des contraintes : imagine et construis. Range tes rêves dans l’ordre : mets tout en haut les primordiaux, ceux qui font que, déjà à eux seuls, la vie vaudra la peine d’être vécue. Puis hiérarchise tes espoirs suivant. Les espoirs qui comptent ne doivent plus être de simples rêves mais bien des buts.

Imagine comment ton héros va pouvoir les atteindre. Que doit-il faire à tout prix pour que le film se passe comme prévu ? Quelles voies le mèneront vers ses principaux rêves et les suivants ? Comment se débarrassera-t-il de ces éléments – notés en marge – dont il ne veut plus.

Construis des solutions, des plans. Même s’ils ne plairont pas à tout le monde, même s’ils choqueront tes proches qui ne comprendront pas “quelle mouche te pique” : tu veux que le film de ta vie vaille le coup d’être vu, qu’il ne fut pas qu’un interlude, cela vaut le coup de se battre ! Presque rien au monde ne vaut plus que cela : vivre une VRAIE vie. Même si les moyens qui mènent à tes rêves semblent difficiles, déniche – si elles existent – des astuces scénaristiques pour qu’ils soient plus aisés à réaliser. Au pire, le réalisateur n’aura qu’à trouver comment diriger et s’adapter au scénario* !

sortir de la machine

Ne t’arrête pas d’écrire tant que tu n’as pas toutes les grandes lignes de l’histoire de ton futur, tel que tu le veux. Améliore encore si tu le peux pour que ton scénario soit crédible, réaliste et convaincant pour quiconque sait encore un peu rêver et croire que l’on peut tout avec la volonté. Ton histoire peut être une success story, un de ces “rêves américains” qu’aiment raconter Hollywood. Elle peut aussi être un film d’aventure, plein de découvertes et de voyages. Elle peut être ce que tu veux qu’elle soit si tu t’en donnes les moyens. Par-dessus tout, tu dois aimer et croire en ton histoire. Avant de poser le crayon, tu dois la rendre la plus crédible possible : situe-la dans le temps, donne-toi des repères. Tes buts doivent être réalisables et mesurables.

Tu ne dois pas, par exemple, inscrire : “un jour, j’irai aux Etats-Unis”. Tu dois inscrire : “dans deux ans, au mois de mai, je partirai pour trois mois aux Etats-Unis pour un voyage de la Floride au Texas, avant de remonter vers New-York.

Autre exemple plus complet ? Tu ne dois pas inscrire : “je vais écrire un livre.”
Mais quelque chose comme : “Je vais écrire, chaque jour, une nouvelle page de mon livre sur les farfadets. Je l’aurai ainsi fini dans 10 mois. Après 2 mois de relectures et corrections, je l’enverrai à 30 maisons d’édition, originalement présenté et illustré, dans une belle boite, avec un courrier d’accompagnement béton. Si je ne suis pas édité au bout de 2 mois (dans les plans scénaristiques classiques il y a toujours un moment où “tout semble perdu” avant que le héros ne trouve le courage de se battre) je relancerai chacun de ces maisons d’édition en insistant pour parler à un responsable afin de connaitre les points qu’il y aurait à corriger, puis je les corrigerai et soumettrai mon travail à nouveau. Dans tous les cas, je ne laisserai pas tomber et trouverai, au bout du compte, une solution pour gagner ma vie avec ce que j’aime faire : écrire. (vous pouvez encore étoffer ici pour prévoir les autres ressorts scénaristiques, les autres moyens d’atteindre ce rêve…

Tu as pigé le truc ? Alors, c’est parti ! Écris ce fameux scénario pour lequel le héros que tu es se battra*, que le producteur exécutif qui sommeille en toi réalisera*.

Quand tu as terminé l’écriture de ton scénario, il doit te plaire et te convaincre. C’est pour tout ce qui est inscrit dans ce scénario que l’acteur que tu es existe.

Relis-le bien et quand tu l’as finalement approuvé, il te reste une dernière chose à faire en tant que scénariste : une version très courte de celui-ci, sous forme de liste, datée si possible. Un synopsis de quelques lignes que tu conservera toujours sur toi, sur une petite feuille de papier. Tu le rangeras soigneusement dans ton portefeuille, ou même dans ta poche : dans un endroit accessible, auquel tu accèdes souvent. Ce sera ton rappel, chaque jour, du scénario pour la vie que tu veux.

*Nous y viendrons dans un prochain billet

(Ce billet est une reprise d’un billet que j’avais écrit sur mon blog d’auteur, qui est plus à sa place ici !)