La semaine dernière, nous vous présentions les aventures de Larissa et Erwin dont le changement de vie les a mené à vivre sur un voilier. Cette semaine, Anissa nous explique pourquoi et comment elle a décidé de s’installer à Barcelone et vivre de son activité en ligne.

PEUX-TU TE PRÉSENTER ?

Je m’appelle Anissa, j’ai 27 ans, je suis franco-allemande et traductrice, rédactrice et Community Manager à mon compte depuis plus de deux ans. Actuellement je vis à Barcelone.

RACONTE-NOUS TA VIE AVANT ?

Ma vie d’avant ? Longue histoire !

Déjà, j’ai grandi à Hambourg en Allemagne du Nord. Le bac en poche, je suis partie conquérir la capitale française.

Ce qui s’ensuit est un parcours classique : classes préparatoires littéraires, CELSA, puis CDD et enfin le CDI, fameuse goutte d’eau qui fera déborder le vase. Je réalise que je ne rentre pas dans ce moule et qu’un emploi fixe n’est pas le Graal pour moi.

Bien au contraire, la hiérarchie (souvent incompétente et lunatique) m’oppresse et la course aux augmentations de salaire et RTT m’insupporte.

J’ai besoin d’autre chose. Je craque. Je pose ma démission. Je m’accorde quelques semaines, voire mois pour faire le point et réfléchir.

Puis, comme toujours dans la vie, on fait des rencontres intéressantes qui nous ouvrent les yeux, des premiers projets naissent dans la tête et je décide de me lancer en tant que freelance.

TU AS DÉCIDÉ DE T’EXPATRIER À BARCELONE. POURQUOI L’ESPAGNE, ET PLUS PRÉCISÉMENT BARCELONE ?

Barcelone ?

C’est une histoire assez simple. Je voulais quitter Paris, parce que Paris, c’est Paris. Et que je n’avais pas envie d’avoir 30 piges un jour et de suffoquer dans un 15 m2 qui coûte un rein.

Barcelone ? Plage, soleil, douceur de vivre – et un coût de la vie réduit. Bref, un pays en or pour les freelances.

QU’EN PENSENT TES PROCHES ?

Je crois que mon père était finalement assez content que je quitte Paris.

Il me voyait constamment stressée par le coût de la vie, les gens, le métro, les agressions verbales dans la rue (un réel problème à Paris).

J’avais déjà prouvé à ma famille que je pouvais me débrouiller. 7 ans à Paris, ça vous endurcit !

SAIS-TU PARLER ESPAGNOL OU CATALAN ? EST-CE NÉCESSAIRE POUR S’INTÉGRER ?

Je dirais plutôt que je baragouine le castillan avec un superbe accent allemand à couper au couteau !

Il y a tellement de gens venus du monde entier que l’on peut très bien s’en sortir sans parler couramment espagnol. Mais oui, très sincèrement, une langue permet toujours de mieux s’intégrer et moi, moi j’ai un peu la flemme d’apprendre une quatrième langue. Honte à moi !

COMMENT EST TA NOUVELLE VIE JUSQU’À PRÉSENT ?

Je suis très contente du chemin parcouru. Bien sûr, il m’arrive de douter, mais cela fait partie de la vie. Barcelone, c’était le bol d’air nécessaire dont j’avais besoin après ma vie parisienne trépidante.

QU’ATTENDS-TU DE L’AVENIR ?

Un peu de calme et de douceur. J’ai beaucoup couru dans tous les sens ces dernières années.

J’aimerais me poser, construire quelque chose, ne plus me poser dix milles questions.

TU ES PASSÉE PAR DES PÉRIODES DE DÉPRESSION TRÈS DURES QUE TU RACONTES SUR TON BLOG. POURTANT, TU ES DEBOUT ET FIÈRE, DÉCIDANT TA VIE. COMMENT SURMONTE-T-ON CES PÉRIODES DIFFICILES ?

Pour ma part, je suis passée par la case médocs + psy. Il n’y a pas de solution miracle.

Je pense surtout qu’il est très important d’accepter de ne pas aller bien. Il faut savoir se dire : Je ne vais pas bien, mais c’est pas grave.

Ce n’est pas parce que je me sens mal que ma vie est un échec. Il faut avoir le courage d’aller cherche de l’aide. Nous ne sommes pas des machines que l’on envoie chez le réparateur quand il y a un bug technique.

EST-CE PLUS FACILE DE RETROUVER DU BAUME AU CŒUR EN ÉTANT INDÉPENDANTE ET EXPAT’, OU – AU CONTRAIRE – AS-TU UN SENTIMENT DE SOLITUDE ?

Bonne question !

Personnellement, je n’aime pas travailler dans un bureau et comme je m’entends de mieux en mieux avec moi-même, je supporte très bien le côté solitaire de mon activité !

D’ailleurs, quel bonheur de ne pas être entourée de 10 collègues qui téléphonent et papotent en permanence.

Mais bien évidemment, il m’arrive de me sentir un peu seule, alors je déjeune avec une copine ou je vais faire un peu de sport. Mais oui, l’étranger m’a fait un bien fou. J’ai changé de mode de vie, j’ai rencontré de nouvelles personnes, découvert un pays.

PAR TES CONTACTS INTERNET, TA PROFESSION, AS-TU PU CONNAITRE DE RÉELLES AMITIÉS ?

Oui, une de mes meilleures amies est blogueuse. Nous nous sommes rencontrées via nos blogs respectifs à l’époque où je vivais encore à Paris.

Une autre copine vit désormais à Lyon, mais nous sommes également rencontrées via nos blogs.

Une troisième copine est traductrice, on skype, on s’écrit des messages. En septembre je l’ai rencontrée pour la première fois en vrai !

QUE REGRETTES-TU DANS CETTE NOUVELLE VIE ?

Ce que je regrette ? D’être follement tombée amoureuse de mon copain… qui vit en France !

Du coup, je passe ma vie dans les avions, mais ça ne me dérange pas. J’ai toujours eu la bougeotte, on ne se refait pas !

“Le jour de ta mort, ta vie défilera devant tes yeux comme un film. Fais-en sorte de vraiment, vraiment kiffer ton film.”

QUELLES FURENT TES PIRES GALÈRES DEPUIS QUE TU ES FREELANCE ?

Les problèmes d’argent. Ne nous mentons pas. La vie de freelance peut être très galère.

Actuellement, je vis une période un peu creuse. Je gagne ma vie et peux payer mes factures, mais ce n’est pas toujours évident. Parfois, il faut aussi faire face à des clients qui refusent de payer les prestations à leur juste valeur.

C’est dur de devoir constamment négocier les tarifs. Sans parler des clients qui ne paient pas à temps.*

QUELLES SONT LES PLUS BELLES CHOSES SURVENUES AVEC CE CHANGEMENT DE VIE ?

J’ai rencontré l’amour sur une terrasse barcelonaise ! A part ça, j’ai rencontré des gens géniaux, bossé sur des missions hyper intéressantes et.. adopté un adorable chaton catalan.

TON REGARD SUR LA VIE, SUR LE MONDE, A-T-IL CHANGÉ DEPUIS ?

J’ai toujours été une nomade, j’ai toujours voyagé avec très peu de bagages.

Compte tenu de mes origines (allemandes, françaises et marocaines), mes parents m’ont transmis une ouverture d’esprit et une tolérance à l’égard des autres cultures qui font que je m’adapte rapidement.

Cela dit, vivant en Espagne, je prends bien plus conscience de la notion de précarité. Bien que l’Espagne soit un pays “moins cher”, devoir vivre avec un SMIC qui s’élève à 750 € est un scandale.

Et je réalise à quel point je suis chanceuse de pouvoir vivre d’une activité qui me plait sans non plus me priver en permanence.

SI TU DEVAIS RÉSUMER EN UN SEUL MOT TON ÉTAT D’ESPRIT DEPUIS CE CHANGEMENT DE MODE DE VIE, QUEL SERAIT-IL ?

Confiance. Barcelone m’a redonné confiance en moi-même et en mes choix.

Applications conseillées par Anissa
pour les Freelances

slack

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canva

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QUELS CONSEILS DONNERAIS-TU À CEUX QUI VOUDRAIENT CHANGER DE VIE EN GÉNÉRAL ?

Lisez mon blog ! 🙂 Et sinon, je pense qu’il faut se lancer en freelance si on pense vraiment être fait pour ce mode de vie.

Bien sûr, il faut également se lancer dans une activité où l’on pense être un minimum doué. La concurrence ne dort pas et il faut savoir livrer de la qualité.

Pour ce qui est des voyages : avoir des sous de côté, un passeport valide et un sac à dos !

UN DERNIER MOT ?

Depuis toujours mon père me rappelle une chose très essentielle : “Le jour de ta mort, ta vie défilera devant tes yeux comme un film. Fais-en sorte de vraiment, vraiment kiffer ton film.”

Merci à Anissa pour sa gentillesse et sa franchise.


* NDLR : Anissa soulève les galères pour se faire payer et négocier ses tarifs. D’où l’intérêt, comme on l’explique dans nos formations, de passer par une plate-forme où l’on fixe ses tarifs ET où le paiement est fait d’avance (et débloqué à la livraison).