Faire le choix de devenir nomade en famille sur du long terme a de quoi surprendre.

Faire du monde sa maison est quelque chose que beaucoup de gens ont encore du mal à comprendre.

Ça demande de sortir de sa zone de confort. D’envisager son quotidien différemment. De se débarrasser de bons nombres de préjugés que l’on peut avoir sur les autres pays ou sur nous-même.

On nous pose de nombreuses questions sur ce choix de vie un peu atypique qui est le nôtre depuis 7 ans.

Ça intrigue. Ça attise la curiosité.

D’autant plus depuis que nous avons tout plaqué et quitté la France pour voyager en permanence.

Il y a une citation que j’aime beaucoup et qui, je pense, résonne pour bon nombre d’entre nous.

Nous sommes habitués, conditionnés, à suivre tous le même parcours. Dès lors où tu décides de prendre un chemin de traverse on te regarde différemment.

Ça n’est pas forcément motivé par de mauvaises intentions. C’est juste difficile pour beaucoup de personnes de comprendre qu’il peut exister une autre façon de vivre que la leur.

Que leurs exigences, leurs attentes ne sont pas – ou plus – forcément les nôtres.

Ne pas posséder de logement à soi, de voiture, cela bouscule les idées que certains se font sur la “réussite”.

La question qui revient souvent est :  Quel fut le déclic qui nous a fait basculer dans ce mode de vie itinérant en famille ?

Nous répondons souvent que c’est la vie d’entrepreneur et ses contraintes que nous finissions par ne plus supporter.

Et c’est clairement ce qui nous a poussé vers ce choix de voyage à plein temps : ce quotidien stressé de chef d’entreprise soumis au système. Tellement occupé à faire flotter le navire qu’il ne sait plus pourquoi il est dessus, ni où cela l’amène.

Le ras-le-bol prenait de plus en plus d’ampleur. Cette sensation de vide et d’inutilité que l’on ressent lorsqu’on réalise que notre vie nous échappe.

J’ai (de temps en temps) un petit pincement au cœur pourtant lorsque je repense aux quelques années qui ont précédées notre changement de vie. Nous avons vécu de beaux et grands moments.

Notre mariage entouré de nos proches.

La naissance de notre fils.

Quelques beaux succès professionnels.

La reconnaissance de ce que l’on pouvait avoir accompli.

L’aménagement dans une belle maison dans le Var. Une voiture neuve.

Parmi tout ça, il y avait de vrais et purs moments de bonheur intense.

Mais il y avait aussi pas mal de futilités qui prenaient l’apparat de ce bonheur.

Et la vie se charge de te faire comprendre que rien n’est acquis.

Que ton ciel peut s’assombrir subitement et qu’aucune éclaircie ne s’annoncera si tu restes sous les mêmes nuages.

Ton activité professionnelle qui chute inexorablement parce que le climat social en France se désagrège.

Et que, forcément, en tant que petit entrepreneur, tu en payes les frais (grèves, moral en berne…)

Mais aussi, parce qu’entreprendre en France signifie se faire saigner par des charges et des taxes à foison.

La routine métro-boulot-dodo qui devient insupportable..

Itinérance en famille-devenir nomade en familleTout cela fait partie de la vie et on pense ne pouvoir y échapper.

On serre les dents. On fonce tête baissée. Le nez dans le guidon. Pour surmonter ces « mauvais moments à passer ».

Et un jour chasse l’autre. On tient debout. On se redresse même jusqu’au prochain coup.

On trouve des solutions. On fait bon gré mal gré.

On suit le système en essayant de boucler au mieux les mois et payer les salaires.

Personnellement, je ne regrette pas notre vie d’avant et elle ne me manque pas.

J’assume mes erreurs. Je me suis laissée emporter par ce quotidien que tant d’hommes et de femmes, de parents connaissent.

Je dois même t’avouer un truc personnel…

J’avais renoncé à évoluer. Je me contentais de ce que j’avais.

Parce que je croyais que c’était tout ce que je méritais.

Être stressée ? Surmenée ? Ça me semblait le lot quotidien.

De quel droit aurais-je pu me plaindre ? Régulièrement, la vie nous faisait envisager pire.

Il ne me venait pas à l’esprit que je puisse faire autre chose que ce que pour quoi j’étais « programmée ».

Je n’avais de toute façon pas suffisamment confiance en moi pour imaginer un dixième de seconde être capable de vivre différemment.

Bien sûr, devenir nomade en famille ne m’avait jamais effleuré l’esprit.

Je n’avais pas d’ambition particulière.

On dit souvent qu’il ne faut pas oublier ses rêves d’enfant, qu’ils sont importants et que nous devons tout faire pour les réaliser en étant adulte.

Eh bien moi, je crois qu’enfant,  je n’avais pas de rêve. Ou alors je ne m’en souviens plus.

En tout cas, ils ne devaient pas être si précieux à mes yeux pour que j’y prête si peu d’attention.

Et je regrette d’avoir eu cet état d’esprit-là.

Mais voilà, ce n’était certainement pas le bon moment. Je n’étais pas encore prête au changement. J’ai donc continué à laisser filer le temps, jour après jour, réalisant mes tâches en mode automatique.

Et puis, Il y a ces événements drapés de noir qui viennent tout basculer en nous mettant face à notre propre existence. Ces proches qui nous laissent.

On se sent encore un peu plus lourd. Plus isolé.

On prends conscience de la futilité de certains combats. Et de ce temps qui passe et nous entraine dans sa course.

Il n’est plus possible de faire machine arrière.

Mais, heureusement, une petite voix nous chuchote enfin qu’il serait peut-être temps de réagir…

On est plus proche des 40 ans que des 30 ans… Une  moitié de vie. La fameuse crise.

Et qu’a-t-on fait de cette vie ? Bonne question. Pas grand chose finalement.

C’est en écrivant ces mots que je réalise que ce « déclic » qui nous a fait basculer vers une vie atypique avait déjà commencé à faire germer quelque graines de-ci de-là.

Qu’il m’a donné l’impulsion pour sortir de cette passivité dans laquelle je m’étiolais.

Parce qu’attendre la retraite pour réaliser ses rêves (ou compter sur le loto pour voyager) ne peuvent pas être des objectifs de vie ! Ce n’est pas possible !

C’est bien trop triste.

Et c’est peut-être le même constat pour toi.

C’est vrai. C’est douloureux d’accepter que la vie ne tient qu’à un fil. Qu’il peut ne pas y avoir de « plus tard je ferai ceci ou j’irai là… »

Ce n’est pas très gai ce que je raconte. Je le sais aussi. Mais c’est la triste réalité.

Qui n’a pas dans son entourage une personne partie trop tôt, ou au seuil de sa retraite ?

Alors, lorsqu’avec Patrice nous avons commencé à discuter d’un changement de style de vie… De voyages… Je crois qu’au fond de moi cela devenait une nécessité… (Même si j’avais peur de cet inconnu.)

Et dès lors que tu laisses entrer l’espoir dans ton cœur et que tu ouvres ton esprit à ce qui t’entoure, tu réalises que TOUT est possible.

J’avais peur d’abandonner mes repères mais, en même temps, cela m’attirait irrésistiblement.

Après tout, que pouvait-il nous arriver ? Rien de pire qu’une vie subie.

Faire des choix inconfortables est ce qui donne du piment à la vie. Dépasser ses peurs. Se laisser guider par cette petite voix intérieure qui te dit « vas-y fonce ! »

Porter simplement le plus longtemps possible son rêve de liberté. Et on verra bien !

Vivre ses rêves et s’en inventer d’autres à chaque fois, pour ne jamais avoir de regrets.

Chaque personne est unique et le chemin vers l’épanouissement personnel aussi.

Si tu penses être un peu comme moi avant ce départ, je vais conclure ce texte en t’invitant à te poser les bonnes questions.

Affronte de face cette vérité qui te fait peur. Ce constat qui te fait mal.

Parce que ce n’est pas normal de subir un quotidien. De subir un travail. De subir une relation qui ne t’apporte pas de bonheur.

Tu n’es pas obligé(e) de souffrir et d’encaisser sans réagir.

Et tu peux très bien vivre plusieurs vies en une seule. Te tromper et puis recommencer. Ça fait partie de la vie.

Tu peux expérimenter un mode de vie ou de travail différent.

Tout est possible finalement lorsque tu te l’autorises.

Ce qui compte c’est de croire en toi, en tes valeurs et assumer qui tu es RÉELLEMENT.

Apres tout, toi-seul(e) sais ce qui est bien pour toi. 🙂

J’ai mis du temps à comprendre ça et à le mettre en pratique.

J’espère qu’en lisant ces lignes tu auras, à ton tour, LE DÉCLIC pour changer ce qui ne va pas dans ta vie personnelle ou professionnelle.

Peut-être pour devenir une famille nomade comme nous ? Un voyageur au long cours ? Un entrepreneur libre ? Un artiste ?

Ou simplement une personne libre de ses choix et qui les assume fièrement.