Photo ci-dessus : Gaëlle au musée du volcan, pendant que le reste de la famille fait la visite.

L’activité de rédactrice/rédacteur web peut convenir à bien des profils différents. La preuve ? Dans cette nouvelle interview, Gaëlle nous présente son choix de vie avec ses proches : une famille semi-nomade. Sédentaires en haute saison, voyageurs le reste du temps.

Gaëlle nous explique avec humour le comment, le pourquoi, et ce que la rédaction web lui a apporté pour ce changement de vie.

Gaëlle : un idéal de vie libéré des contraintes

Peux-tu te présenter ? Qui es-tu ? Quel âge as-tu ?

Bonjour, je suis Gaëlle, j’ai 37 ans. Je suis la maman de deux filles de 8 et 10 ans.

Avec mon conjoint, nous sommes la Famille Grand R. Une famille semi-nomade, un concept sur mesure qui ne rentre dans aucune case. 😉

Raconte-nous ta vie : quelle était ton activité professionnelle ?

À la base, je suis professeur des écoles. J’aime enseigner, mais gérer 25 élèves toute la journée et tous les jours… c’est épuisant et compliqué – pour moi. Et puis, l’idée de passer ma vie à l’école… C’est extrêmement réducteur comme perspective, n’est-ce pas ?

De toute façon, c’est difficilement compatible avec le métier de mon conjoint : il est moniteur de parapente. Il travaille pendant les week-ends et les vacances, alors que moi, c’est le contraire !

Mais nous avons réussi à construire notre idéal de vie. Nous nous sommes libérés de nos contraintes matérielles, géographiques et temporelles, petit à petit.

Nos filles sont en instruction en famille, depuis presque toujours. Donc il n’y avait que mon boulot (oups, j’ai écrit boulet avant de me corriger, haha) qui imposait des attaches : on ne pouvait pas déménager, partir quelques jours au printemps, fuir la grisaille de novembre… La réalité de nombreuses familles, en fait.

Il y a presque quatre ans, je me suis détachée de mes liens professionnels d’enseignante. Je n’ai donc plus de salaire régulier, ni cotisations, ni aides quelconques. Pour compenser, j’ai réduit mes dépenses et fait des petits boulots, tout en plaçant quelques billes pour les vieux jours.

Ainsi, depuis 2016, nous vivons sur le rythme professionnel de l’homme de la maison, car il a la chance de gagner beaucoup en peu de temps. Et il adore son travail !

Nous sommes donc sédentaires en haute saison, en Haute-Savoie, près d’Annecy. Je travaille alors en tant que secrétaire et navette de sa petite entreprise, Sambuy Parapente. Le reste de l’année, nous voyageons ou nous travaillons loin de chez nous, comme en ce moment, à La Réunion.

Tu as décidé de devenir rédactrice web mais à mi-temps, pourquoi ? Pourquoi ce choix d’activité en particulier ? Quel a été le déclic ?

Lorsque j’ai quitté mon travail et notre maison, je me suis demandée ce que je pouvais faire pour gagner quelque argent, de façon pérenne. J’ai forcément pensé aux métiers du digital, comme graphiste. Mais je n’avais aucune base et pas l’envie d’apprendre le code et autres réjouissances fastidieuses.

Puis un jour, sur le groupe Facebook des Familles autour du Monde, je lis les mots « rédactrice web » au détour d’un post. Je n’avais jamais entendu parler de ce métier. Comme tout le monde, je pensais que chacun rédigeait son site, son blog. En quelques clics, j’ai compris de quoi il en retournait.

Enfin, je rencontrais un job digital pour lequel j’avais des bases : l’orthographe, l’écriture. Et, apparemment, on pouvait même en vivre !

Comment t’es-tu formée ? Comment t’es-tu lancée ? Quelles opérations au lancement ? Pour te faire connaître (chercher tes 1ers clients) ?

Au départ, sur les recommandations de celle qui parlait de rédaction web, je me suis inscrite sur la formation Comptoirs des Rédacteurs. Ce n’était vraiment pas cher et il y avait un suivi personnalisé : un corrigé pour chaque exercice, par une seule personne référente.

Par contre, le contenu était tellement light, que je ne me suis pas sentie légitime de proposer mes services, une fois mon « diplôme » en poche.

Un peu plus tard, sur ce même groupe Facebook, je crois, je suis tombée sur la formation Micro-services de la Famille Nomade Digitale. De là, j’ai embrayé sur la formation Rédaction web, toujours avec Patrice. Enfin une formation complète, accessible financièrement, qui met le pied à l’étrier et qui propose un suivi sur la durée !

Pour décoller sur 5euros, j’ai peaufiné mon service (bannière, vignette, texte), en tenant compte des conseils donnés dans les formations. J’ai fait une très grosse promotion : 1200 mots pour 5 €. J’ai tout de suite eu des commandes.

Ainsi, on attire, entre autres, les habituels « vampires » des actions promotionnelles 5euros. Ils sont gentils : ils écrivent de bons avis et donnent confiance. Le premier avis positif a l’effet d’un formidable booster.

Mais quel travail ! Patrice nous avertit, mais c’est surprenant tout de même. Je passais mes journées accrochée à mon clavier, le cerveau en surchauffe, alors que nous avions des amis venus nous voir à La Réunion. Même à la plage, mon esprit était dans les rasoirs coupe-chou, les baby-cooks, les ciels de lit ou la mode des cuissardes.

L’heure de la pause entre 2 missions de rédaction web.

Tout ça pour quelques euros ; j’étais payée moins qu’un Indien ! Je me faisais taper sur les doigts par mon homme. Mais je prenais ça comme un stage : on gagne en expérience in vivo, pas en argent.*

Certains clients m’ont suivie, après mes premières augmentations de tarifs. Puis d’autres sont arrivés, dont quelques consultants SEO et webmasters, avec des briefings plus précis et des commandes régulières. Travailler avec ce genre de clients est très formateur également.

Qu’est-ce qui a changé dans ton quotidien en étant rédactrice web ?

Ce qui a changé ? C’est que personne ne comprend ce que je fais, lorsqu’on me demande ma profession – haha ! Ça change d’instit’ !

Plus sérieusement, maintenant, je sais que je peux vivre partout, avec mon ordinateur et une connexion. Je ne cherche plus de petits boulots. Et je n’ai jamais de problèmes pour faire garder mes enfants pendant mon travail.

Mais… j’aime varier les plaisirs, alors j’accepte les jobs que j’ai vraiment envie de faire. L’été, je suis contente de diminuer mon temps devant écran, être dehors, discuter avec des vacanciers heureux de venir voler en parapente dans nos montagnes.

Tu as fait le choix d’instruire tes enfants à la maison mais à temps partiel lorsque vous êtes en déplacement. Comment organises-tu tes journées de travail dans ce cas-là ?

Effectivement, nos filles vont à l’école lorsque nous sommes en Haute-Savoie. Depuis bientôt 3 ans, elles font entre 3 et 6 mois de classe par année, dans une petite école de hameau. Elles voyagent, mais elles ont aussi un réseau de copines, puisque nous revenons régulièrement là-bas. Le beurre et l’argent du beurre ! Elles donnent des nouvelles à leur classe, par un blog que je leur ai ouvert récemment.

Nous n’avons aucune routine. On s’adapte à nos envies de rando, à la météo, aux propositions des copains. C’est génial, mais vraiment peu propice à la productivité !

À la maison, dans le bus ou dans le camping-car – selon notre mode de voyage, j’essaie de passer une à deux heures par jour avec les filles, à travailler d’un point de vue scolaire formel. Comme j’ai vu qu’elles étaient capables de très vite s’adapter aux exigences de l’école, je ne me prends pas la tête ! Actuellement, nous travaillons le matin, pendant que mon homme travaille lui aussi (parapente à la Réunion). Souvent, je me lève tôt, en même temps que lui, pour travailler, avant de me consacrer aux filles. Puis, dans l’après-midi, père et filles vont à la plage, moi je reste travailler. Parfois, je rédige le soir, si le sujet m’est suffisamment familier.

Ce n’est pas toujours simple de me garder suffisamment de temps de qualité pour la rédaction : j’ai besoin de calme et de plusieurs heures d’affilées devant moi. C’est pour cela que, tant qu’on n’a pas de problèmes d’argent, ça me convient de travailler en rédaction à temps partiel. Je peux ainsi gérer pour partir 3 jours en randonnée, en famille, dans les cirques de la Réunion, comme cette semaine.

Combien de temps a-t-il fallu pour que tu génères un revenu complémentaire avec la rédaction web ?

Je ne gagne pas encore assez, mais c’est en bonne voie : j’ai beaucoup de nouvelles demandes en ce moment. Je n’ai jamais prospecté directement. Le bouche à oreille fait son œuvre petit à petit, même hors plateforme. Si j’avais voulu gagner plus, plus rapidement, j’aurais pu.

Quelles furent tes pires galères ?

Ma galère récurrente, c’est le temps que je prends pour chaque article. Je ne suis pas suffisamment efficace car je suis tatillon.

J’aime prendre mon temps pour les recherches, l’étude de marché, me mettre dans la peau du prospect.

Heureusement, on me dit que ça se voit dans mes articles. Bon, c’est meilleur pour le chiffre d’affaires de mes clients que pour le mien – d’autant plus que je n’ai pas le droit à l’ACRE, donc il faut encore enlever 22 % de cotisation.

Mais ma seule galère-client a été une commande qui n’a rien à voir avec la rédaction web. Un groupe d’étudiants en marketing m’a passé commande sur 5euros, pour faire rédiger leur devoir de fac. J’y ai passé mon dimanche. Ils trouvaient que le texte (6 pages !!) correspondait à leurs attentes. Mais apparemment, les profs n’étaient pas satisfaits.

Ça a été compliqué d’obtenir ma paie, éviter l’avis négatif sans annuler la commande. Un mois de stress…

La salle de classe, puis mon bureau, lorsque les moustiques nous laissent nous concentrer…

Quelles sont les plus belles choses survenues depuis que tu es rédactrice web ?

J’adore découvrir des univers inconnus, m’informer au point d’être capable de passer pour une connaisseuse. J’ai plein de choses à raconter dans une conversation. J’aime aussi le fait de changer de plume, pour passer d’un ton formel à un ton humoristique.

Petite mise en garde : on a souvent envie d’acheter ce qu’on cherche à vendre dans son article, lol ! À être convainquant, on se convainc soi-même ! J’ai même failli acheter des cuissardes, parce qu’au bout de 1200 mots, je savais comment les porter sans être vulgaire (mais si, c’est possible !).

Mais mon petit kiff, depuis que je suis rédactrice web, c’est que je peux faire des échanges de service ! Avant, c’était toujours mon conjoint qui échangeait un vol en parapente contre autre chose.

Par exemple, j’ai échangé un article contre un logo, avec un client graphiste.

Là, nous allons partir 9 jours au Finnmark, en Norvège, chez un ami musher. Il nous offre le gîte et les activités en chiens de traîneau (valeur de plus de 2000 € pour 4). Je me suis occupée de son site et je lui corrige ses publications Facebook (c’est un grand dyslexique).

Au printemps, je vais aller faire un stage de yoga en Lozère, en échange d’articles de blog.

Cool tout ça, non ?!

Si tu devais résumer en un seul mot ton état d’esprit depuis que tu proposes tes services de rédaction web, quel serait-il ?

Choix.

La vie que nous menons ne correspond à aucun schéma : ni nomade, ni sédentaire, ni saisonnier. Nous discutons en famille de nos envies et nous faisons …des choix ! De toute façon, quel que soit le choix choisi, il ne peut être que top !

Et ce travail correspond à mon besoin de pouvoir choisir : choisir de travailler ou pas, où, quand, avec qui, combien. Mon travail n’est plus une contrainte.

Quel conseil donnerais-tu à ceux qui veulent faire comme toi et devenir rédactrice web ?

N’importe qui ne peut pas être rédacteur : il faut déjà aimer lire, écrire et avoir une bonne orthographe. Ensuite, il faut se former, avec une vraie formation comme celle de Patrice, ainsi que par des lectures actualisées sur le web.

Il faut également être prêt à passer des heures sur l’ordinateur. Pour rééquilibrer, il me semble important de faire du yoga ou du sport en extérieur. On peut vite avoir tendance à rester enfermé, devant son écran, à discuter uniquement par message. C’est nourrissant et passionnant, donc il est facile se laisser piéger.

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Ne restez pas dans une vie qui ne vous convient pas.

Nombreux sont ceux qui se résignent ou qui pleurent sur leurs problèmes. Or, c’est important les galères : selon le sens qu’on y met, une galère permet de traverser les océans, n’est-ce pas ?

Ouvrez les yeux sur LES solutions, toutes les solutions ! Ne cherchez pas UN modèle, mais plein. Inspirez-vous de différents bouts de la vie des autres – car les blogs et les photos ne reflètent pas toute la réalité, soyez-en conscients.

Enfin, surtout, lancez-vous : créez votre vie !

Tu peux donner un lien vers ton profil 5 euros et ton blog ?

Mon blog n’est plus alimenté (le syndrome du cordonnier mal chaussé), mais le voici : c’est Famille Grand R. Nous avons la page Facebook du même nom, sur laquelle nous publions régulièrement.

Un grand merci à Gaëlle pour son témoignage, son humour, et sa trop jolie phrase sur les galères que j’ai adorée ! Si vous avez besoin d’un article de qualité, visitez son service de rédaction ici.

 

* NDLR : Eh oui ! C’est le principe. La promotion de démarrage agressive  – réservée à certains profils – permet d’avoir rapidement des notes et de consolider son profil. Plutôt que de payer de la pub pour ça, on paye avec son travail. Le tarif bas permet d’avoir également moins la pression sur le niveau de demande des clients. Et puis, on se met complètement dans le bain, et tout devient de plus en plus facile. On voit cette méthode de lancement dans la formation.